Volpone

En 1605, Jonson fait, avec cette pièce, une attaque forcenée de la cupidité, de l’avarice et du machiavélisme, servie par une éloquence chaleureuse et une intrigue habilement agencée. Tout au long de cette pièce comique et satirique, Jonson exprime autant son dégoût pour les moeurs de ses contemporains que sa jubilation à en railler les travers et les vices. Volpone est parmi les comédies les plus spectaculaires et les plus divertissantes qui soient.

L’histoire :

C’est celle d’un riche célibataire vénitien qui a trouvé un astucieux stratagème pour s’enrichir encore plus. Il feint d’être malade, à l’article de la mort, et tous ceux qui convoitent sa fortune le couvrent de cadeaux afin d’être couchés sur son testament. Parmi eux, il y a Voltore, un avocat, Corbaccia, une rentière, Corvino, un négociant… Grâce à Mosca, le valet de Volpone, chacun d’eux croit être le seul héritier. Évidemment, le bel édifice va s’effondrer et les perdants ne seront pas nécessairement ceux que l’on croyait.

Pour illustrer la fable de Ben Jonson, le cadre de l’action se veut universel avec un minimum d’élément de décor et d’accessoires. L’écriture du poète est une parole représentée et mise en scène par un conteur, rôle tenu ici par Mosca, le parasite ingénieux. Ce conteur témoigne incessamment de sa présence au cours de la représentation, il intervient dans le cours du récit et se rend indispensable.
En référence à la Sérénissime République de Venise et son illustre carnaval, les personnages, représentés par des animaux vont petit à petit en prendre l’apparence. C’est Volpone, le renard, Corbaccia, la corneille, Corvino, le corbeau, Voltore, le vautour, Léone, le lion, Colomba, la colombe, Canina, la chienne, le chef des sbires est aussi figuré par un chien et le juge représenté par un hibou. Seul, le personnage de Mosca conserve son apparence humaine tout au long de la pièce. Le plateau présente un dispositif scénique qui permet la simultanéité des faits avec des aires de jeu multiples. Ainsi, on utilise la scène sur trois plans, devant, milieu et arrière avec un dispositif d’ombres chinoises ou d’ombres portées en fonction des différents lieux d’action. On favorise enfin la proximité entre acteurs et spectateurs, créant une intimité propice à la participation et la prise à partie du public.

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